Depuis deux jours, la décision avait provoqué de vives réactions. Cet après-midi, le ministère de l’immigration a annoncé qu’il avait entamé «un réexamen juridique en diligence» du cas de Frédéric Minvielle, ce Français qui vient de perdre sa nationalité française.
Né à Lorient, Frédéric Minvielle s’est marié en 2003 à un Néerlandais. Il a ensuite demandé et obtenu la nationalité du pays de son conjoint. Il avait envie de «s’intéresser à sa terre d’accueil, qui est un pays moderne, ouvert et tolérant, bien plus en avance que la France.» Mais pas question pour lui d’abandonner sa nationalité française: «Je suis né à Lorient, toute la famille est en France» plaide t-il.
Le problème est qu’une convention, signée en 1985 entre les deux pays, stipule que tout ressortissant étranger qui obtient la nationalité de l’autre pays perd la première… sauf s’il est marié et exprime une volonté expresse de conserver sa nationalité. Or pour l’Etat français, qui ne reconnaît pas le mariage homosexuel, Frédéric Minvielle est célibataire.Il s’est donc vu retirer sa nationalité française, ce qu’il conteste: «Je me sens rejeté par mon pays mais j’espère que mon cas fera jurisprudence pour changer la loi» a t-il déclaré.
Hier, l’association SOS Homophobie s’est dite «scandalisée par cette décision particulièrement humiliante et symboliquement inexcusable». Ce matin, Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP d’Ile-de-France et président des élus locaux contre le Sida s’en est prit à la majorité sur Liberation.fr: «On se retrouve avec des positions ultra-conservatrices, en décalage avec l’évolution des Français.»
Source: Liberation.fr
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